Quand les planètes sont alignées et qu’après la course,
les marins anglo-saxons refont le match au bord du quai ou dans le cockpit, ils
n’hésitent pas à parler de « champagne sailing », bien que plutôt une
bière à la main… C’est le cas ce jeudi 24 septembre en rade Ouest de Cannes.
Soleil légèrement voilé, embruns à 26 degrés, vent de Sud à Sud-Ouest grimpant graduellement
pour atteindre une bonne quinzaine de nœuds voire même un peu plus en milieu
d’après-midi, en levant un joli clapot… tous les ingrédients sont au
rendez-vous. De retour au port, quais Laubeuf et Saint-Pierre, l’ambiance est
festive, et les équipages ne tarissent pas d’éloge vis-à-vis des comités de
course, qui un, mouillent des parcours aux petits oignons, et deux font partir
à l’heure. En revanche, celles et ceux qui ont oublié de s’enduire le visage de
crème solaire commencent déjà à le regretter. Si les 34 équipages en Dragon ont
disputé trois belles manches en rade Est avant une dernière journée vendredi
25, si les Tofinou et 12 MJI ont régaté au fond de la baie sous le massif de
l’Estérel et sur des parcours « banane », les concurrents dans les
autres catégories, ont bouclé un parcours de 14,5 milles (26,8 kilomètres),
largement dominé en temps réel par le NY 49 Rowdy, impressionnant tant en
vitesse, qu’en tactique, et manœuvrant comme dans un livre ! Tradition des
Régates Royales oblige, la « party des équipages » le jeudi 24,
permet aux équipages d’apporter une spécialité culinaire autour du couscous
proposé par le Yacht club de Cannes. Vendredi, pour l’avant dernier jour de
cette 48ème édition, un solide vent d’Est à Nord-Est est annoncé
sous l’influence d’une petite dépression se creusant au large de la Côte d’Azur,
et se déplaçant vers la Corse…
Un homme à l’allure sportive arpente le quai
Saint-Pierre, et n’en perd pas une miette. Il est Croate, et ancien champion de
ski alpin. Ivica Kostelic est tout simplement une légende. Durant sa carrière
débutée à l’âge de 15 ans, il a notamment été champion du monde de slalom, a
remporté le gros globe de cristal, quatre petits globes, quatre médailles
d’argent olympiques et 26 victoires et 60 podiums en coupe du monde de ski. Il
connaît bien Cannes, son père ancien joueur de hand-ball ayant permis à l’AS
Cannes d’atteindre la 1ère division quand il était gamin, avant de
le coacher lui et sa sœur « à la dur ». « La voile a très
vite fait partie de ma passion pour la mer. Tout petit, enfant, nous passions
des vacances dans un site sauvage en pleine nature près de Dubrovnik, sans eau
courante ni électricité, et accessible que par la mer. » raconte
l’ancien champion de ski, âgé aujourd’hui de 46 ans. Et d’ajouter : « j’ai
vraiment débuté la voile offshore vers 20 ans, car j’étais très occupé par ma
carrière de skieur professionnel. » Comme Jean Galfione ou Aurélien
Ducroz, deux anciens champions également, Ivica Kostelic a disputé la Café l’Or
(ex Transat Jacques Vabre) en Class40. Il suit le Vendée Globe depuis très
longtemps, et rêve de disputer la prochaine édition en 2028. « Je
considère que c’est le plus incroyable challenge sportif et aventurier du
monde » explique-t-il les yeux brillants. Et s’il est à Cannes ces
quelques jours, ce n’est pas tout à fait par hasard. Il vient de prendre sa
licence au Yacht Club de Cannes, a reçu des mains du président Jean-François
Cutugno, le guidon du club, et souhaite être basé ici pour préparer le tour du
monde. A la recherche d’un budget de 600 000 euros par an, il aimerait acquérir
l’ex Foussier de Sébastien Marsset, 27ème du dernier Vendée Globe,
un plan Farr à dérives droites de 2006 ayant notamment été mené par Jérémie
Beyou ou Louis Burton… Avis aux amateurs ! En attendant, il repart à
Lorient, où il s’entraîne en Figaro 3, et espère disputer l’an prochain la
Transat en double.
Partenaires des 48èmes Régates
Royales :
Ville de Cannes Côte d’Azur, TBS, IGY Vieux port de
Cannes, Palais des Festivals et des Congrès, Maison Saint-Aix, Carlton Cannes
Regent Hôtel, Département des Alpes Maritimes, Région Sud Provence Alpes Côte
d’Azur.
Photos libres de droit pour la presse : crédit obligatoire Didier Ravon/YCC
