Un vent de secteur Est, au 95 exactement pour une
dizaine de nœuds, a permis aux sept séries de s’offrir une splendide journée de
régate en rade Ouest de Cannes, les départs ayant été avancés afin de
bénéficier de cette jolie brise soufflant sur un très léger clapot. Les
concurrents au louvoyage, et donc tirant des bords de près vers une marque
mouillée à proximité des îles de Lérins, ont forcément manqué un duel
d’anthologie durant un défi informel entre deux voiliers de légende :
Shamrock V et Cambria. Le premier, un Class J dessiné par Charles Ernest
Nicholson en 1930 pour le compte de Sir Thomas Lipton, l’empereur du thé
souhaitant participer à sa cinquième Coupe de l’America à Newport, était
initialement en bois sur une structure acier. Construit par le célèbre chantier
Camper et Nicholson, Shamrock V mesure 36,58 mètres pour près de 170 tonnes.
Entièrement restauré en 2004 à Southampton, c’est un pur bijou, resté dans
« son jus ». Le second est un 23 MJI, construit en acier, basé à Cannes,
est né deux ans auparavant. Cambria a été dessiné par William Fife III, et
construit chez Fairlie en Ecosse. Sa coque mesure 33,80 mètres, mais avec son
bout dehors - un appendice à l’avant de l’étrave - il dépasse les 41 mètres,
pour un déplacement (poids) analogue à son meilleur « ennemi »
Shamrock V. Les deux monstres dotés de mâts de près de 45 mètres, ont fait
revivre à Cannes ce 23 septembre, l’épopée des années folles dans la Coupe de
l’America. Un spectacle rare, et à couper le souffle !
Lui n’a pas disputé la « Cup », mais est bien
présent à Cannes aux Régates Royales pour la seconde année consécutive. Il est
Italien, se nomme Andrea Brigatti, et sur son ketch de 22 mètres dessiné par
Laurent Gilles, et mis à l’eau en 1971, souhaite pouvoir naviguer et régater
avec des personnes handicapées à mobilité réduite. Il faut dire que cet
aventurier, passionné de voile, ayant eu un grave accident lui ôtant l’usage de
ses jambes, a vécu l’horreur lors d’une navigation en Grèce il y a
quelques années sur un voilier classique, ne pouvant rien faire à bord. Il
alors décidé d’adapter Cadama son voilier, en installant des sièges moulés fixés
sur le pont et équipés de harnais, puis démontables à terre, afin de pouvoir
accueillir quatre personnes en fauteuil, outre quatre marins
« normaux » selon ses mots et dans un bel éclat de rire. Une large
coupée en carbone (passerelle) permet de monter à bord en chaise roulante. Les
winches sont désormais électriques, lui étant en charge du réglage de la
grand-voile, juste en avant du barreur. Et Cadama, fait partie de la catégorie
« Classic Marconi », la plus représentée aux Régates Royales avec 22
concurrents. Il a terminé dans le milieu du classement lors de cette première
journée de course. Et l’Italie largement représentée aux Royales, a organisé ce
mardi soir sur le village une soirée spéciale sur le stand de Maison Saint-Aix,
l’un des nouveaux partenaires de l’épreuve. Demain mercredi, une brise plus
soutenue est attendue à Cannes. Et comme disent les régatiers quand les
conditions sont optimales, ce devrait être une journée « champagne
sailing » !
Partenaires des 48èmes Régates
Royales :
Ville de Cannes Côte d’Azur, TBS, IGY Vieux port de
Cannes, Palais des Festivals et des Congrès, Maison Saint-Aix, Carlton Cannes
Regent Hôtel, Département des Alpes Maritimes, Région Sud Provence Alpes Côte
d’Azur.
Légendes photos :
1 Départ de la catégorie « Epoque Aurique »
(EA)
2 Cambria et Shamrock Y au coude à coude, comme dans
les années 30
3 Shamrock V tout en beauté et puissance
4 Cadama, un ketch de 22 mètres adapté pour accueillir
des marins à mobilité réduite.
Photos libres de droit pour la presse : crédit obligatoire Didier Ravon/YCC



